Le ROI classique a ses limites. Il mesure les flux monétaires visibles, optimise le court terme, et laisse dans l’angle mort tout ce qui compte vraiment sur la durée : le carbone évité, le facteur humain, la résilience, les obligations sociales. Pour les équipes DSI et RSE qui portent des projets de sobriété numérique, c’est un problème concret : comment arbitrer, convaincre la DAF, et documenter une décision qui va au-delà du payback à 18 mois ?
C’est précisément le chantier qu’a ouvert AGIT France avec son livre blanc ROI-MPACT, présenté lors d’une webconférence en juin 2026. La méthodologie articule trois approches complémentaires — SROI, analyse multi-capitaux et budgets d’impact LIFTS — pour passer d’une question simple (combien ça rapporte ?) à une question plus juste : quelle valeur crée-t-on, et dans quelles limites ?
Deux business cases concrets illustrent l’approche. Sur l’optimisation d’une salle IT de 1 000 serveurs, le SROI net passe de 1,84 en lecture strictement financière à 3,23 dès que les budgets carbone, risques et temps humain entrent dans le calcul — sur 7 ans. Sur un parc de 120 PC reconditionnés, l’intégration des capitaux naturel et humain ne change pas radicalement le verdict, mais documente une décision qui tient la route face aux directions achats et finance.
L’enquête menée auprès de 23 organisations françaises dresse un état des lieux sans complaisance : 87 % ont déjà réalisé des actions de sobriété numérique, mais moins de la moitié disposent d’un suivi régulier des indicateurs économiques. Le SROI n’est connu que de 22 % des répondants, l’approche multi-capitaux de 9 %. Le verrou n’est plus la conviction — c’est la capacité de mesure.
Le replay de l’atelier est disponible sur la médiathèque Planet Tech’Care.